Thriller Contemporain

La sorcière de Camilla Läckberg

Camilla Läckberg, La sorcière, Erica Falck 10, Actes Noirs

Suédoise, mariée, 3 enfants, ancienne économiste, Camilla Läckberg a écrit des livres de cuisine, de la jeunesse (Supercharlie) et surtout sa série policière Erica Falck, qui a fait l’objet d’une série télévisé.

L’histoire :

 Une fillette de quatre ans disparaît de la ferme isolée de ses parents. Après une longue battue, Nea est retrouvée nue sous un tronc d’arbre dans la forêt, assassinée. Fait troublant : la fillette se trouvait à l’endroit où, trente ans plus tôt, avait été découvert le corps sans vie de la petite Stella, une fillette du même âge qui habitait la même ferme.

À l’époque, deux adolescentes, Marie et Helen, avaient été condamnées pour le meurtre. Elles avaient avoué avant de se rétracter.

Désormais mariée à un militaire autoritaire et psychopathe, Helen mène une vie recluse, non loin de la ferme, dans l’ombre des crimes passés. La belle Marie, quant à elle, est devenue une star du cinéma à Hollywood. Pour la première fois depuis la tragédie, elle vient de revenir à Fjällbacka pour un tournage.

Cette coïncidence et les similitudes entre les deux affaires sont trop importantes pour que Patrik Hedström et son équipe puissent les ignorer, mais ils sont encore loin de se douter des répercussions désastreuses que va avoir leur enquête sur la petite localité.

De son côté, Erica Falck écrit un livre sur l’affaire Stella. Une découverte la trouble : juste avant son suicide, le policier responsable de l’enquête à l’époque s’était mis à douter de la culpabilité des deux adolescentes.

Pourquoi ?

Mon avis :

Ce tome a beau être le 10ème, je ne me lasse jamais de cette série. J’hésite à chaque fois entre le dévorer tout de suite, et attendre pour que le délai avec le suivant soit plus court.

Petite nouveauté dans ce tome, l’intrigue se déroule sur trois époques au lieu de deux, ce qui aurait pu être encore plus génial si j’avais eu le lien entre l’histoire de la sorcière, qui donne son titre à ce tome, et le reste de l’intrigue avant l’épilogue. L’auteur a pulvérisé son record de sadisme sur ce point.

Pour ceux qui ne connaissent pas la série, on peut lire ce tome sans en avoir lu les précédents, même si certaines allusions vous échapperont. Erika est l’auteur de nombreux livres sur des faits divers qui ont marqué leurs époques respectives. Mère de 3 jeunes enfants, elle parvient toujours d’une façon ou d’une autre à se mêler des enquêtes policières de son mari. Elle trouve souvent le détail manquant qui permet de reconstituer le puzzle de l’intrigue.

Autour d’eux gravitent une galerie de personnages que nous avons également appris à connaître et à aimer au fil des tomes. Ils ont des personnalités riches, très diverses. Ils sont tous plus attachants ou attendrissants les uns que les autres. On s’est un peu moqué ou réjoui pour certains, on a pleuré pour d’autres au fil des événements ou épreuves que l’auteur leur a réservés …  En tout cas, on a beaucoup de plaisir à les voir évoluer, ou mûrir, au fil de la série.

Dans ce tome, l’auteur mélange habilement plusieurs thèmes dans une intrigue complexe à souhait. Elle aborde à la fois notamment le harcèlement moral entre étudiants, la difficile condition féminine au 17ème siècle en Suède, ou les préjugés, parfois inconscients, contre les immigrants.

Dans ce tome, Marie et Helen sont au centre de l’histoire. A l’adolescence, elles étaient les meilleures amies du monde en dépit en dépit de leurs milieux sociaux complètement opposés. Reconnues coupables par les habitants du village du meurtre d’une enfant, elles ont ensuite été séparées et ont mené deux vies complètement différentes. Les parents d’Helen, qui ne supportaient pas les commérages, ont déménagé dans une ville voisine et ont poussé leur fille à épouser le meilleur ami de son père, un militaire de carrière très autoritaire, limite psychopathe. Marie, elle, a été placée dans différents foyers sociaux avant de partir faire carrière avec succès à Hollywood.

Chacune d’elle a eu un enfant, qui a grandi dans une famille ou régnaient les non-dits et les souffrances issus des conséquences du passé. En plus des difficultés classiques de leur vie d’adolescents, et des cicatrices qu’ils ont glanées dans leur propre enfance, ils se retrouvent donc eux-aussi à faire face à leur tour aux racontars et aux soupçons : leurs mères ont-elles tué ces deux gamines à 30 ans d’écart ?

L’enquête policière est passionnante, angoissante. Sans aucun temps-mort, elle est remplie de fausses-pistes et de rebondissements. L’auteur maîtrise vraiment son intrigue, elle nous emmène là ou elle le souhaite sans nous laisser le choix.

Elle nous fait passer aussi par toute la gamme des sentiments possibles, quelle que soit l’époque, en fonction des événements réservés aux différents personnages.

Anciens comme nouveaux, ils sont toujours aussi riches, construits, fouillés et complexes. L’auteur nous plonge dans leurs pensées, leurs sentiments parfois ambigus, leurs motivations souvent secrètes …

L’alternance entre passé et présent est réussie. Elle permet parfois de voir la situation sous d’autres points de vue, par exemple, ce qui enrichit l’histoire, ou nous permet de mieux comprendre les réactions des personnages.

Après ce tome plutôt éprouvant pour nos nerfs, je me demande ce que l’auteur nous réservera pour la suite …

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