Romance contemporaine/Romance historique

La sœur de l’ombre de Lucinda Riley

Lucinda Riley, La sœur de l’ombre, Les sept sœurs 3, Éditions Charleston

Irlandaise, traduite dans 28 langues, publiée dans 38 pays, Lucinda Riley est surtout connue pour sa saga des Sept Sœurs, aux Éditions Charleston. La sœur de l’ombre est le 3ème tome d’une série ou les personnages principaux portent les noms issus de la légende de la constellation des sept sœurs, les Pléiades.

Info :

Afin de pouvoir lire les tomes indépendamment tout en donnant des nouvelles des héroïnes précédentes, chaque récit commencera par la manière dont elles apprennent la mort de leur père. Il y a un fil conducteur sur celui-ci d’ailleurs.

Les origines d’Astérope viennent du fait que l’auteur voulait célébrer les réalisations de femmes qui ont contribué à façonner le monde dans lequel nous vivons aujourd’hui grâce à leur courage et leur ténacité.

L’histoire :

Pa Salt, un homme aussi fabuleusement riche que mystérieux, a adopté au fil des années 6 filles venues des quatre coins de la planète qui ont grandies à Atlantis, une île privée au bord du lac Léman sous la garde dévouée de Marina en attendant la 7ème sœur en vain.

À sa mort, il laisse à chacune une lettre, un indice sur leurs origines, une devise pour le futur, et des coordonnées géographiques pour commencer l’enquête le jour ou elles le souhaitent.

Star d’Aplièse, qui a toujours vécu dans le cocon tissé par sa sœur Cece, est à un carrefour de sa vie après le décès brutal de son père bien-aimé. Désespérée, elle décide de suivre le premier indice qui l’entraîne dans une librairie de livres anciens à Londres…

Un siècle auparavant, l’indépendante et entêtée Flora MacNichol jure qu’elle ne se mariera jamais. Elle est heureuse et en sécurité dans sa demeure du Lake District, vivant à proximité de son idole, Beatrix Potter, lorsque divers événements, qu’elle ne maîtrise pas, l’entraînent à Londres, dans la maison de l’une des hôtesses les plus réputées dans la haute société edwardienne : Alice Keppel.

Flora est tiraillée entre un amour passionnel et ses devoirs envers sa famille, mais arrive à trouver sa place sur l’échiquier, qui comporte des règles que seuls certains connaissent, jusqu’à ce qu’un mystérieux gentleman lui révèle ce qu’elle a cherché durant toute sa vie…

Mon avis :

Comme toujours, ce tome est fantastique. L’alternance entre passé et présent est vraiment réussie, l’auteur changeant même un chouia sa manière d’écrire en fonction de l’époque pour mieux nous dépayser.

La seule chose qui m’a déçue est de n’avoir rien appris au sujet du fil rouge sur le père, ou alors c’était tellement discret que je ne m’en suis pas rendu compte sur le moment.

Star m’a énormément surprise. Extrêmement réservée et secrète, elle s’était toujours contenté de suivre les moindres décisions de sa sœur Cece sur leur vie quotidienne. Pourtant, dans ce tome, elle va exploser. Sa profonde, voir totale, remise en question la fait évoluer et mûrir au fur et à mesure de ses découvertes sur elle-même ou la vie de son arrière-grand-mère.

Bien que doté de caractères très différents, Star et Flora ont beaucoup de point communs. Elles font toujours passer leur famille en priorité. Attachantes, douces, elles sont aussi déterminées, fortes et indépendantes. Elles manquent parfois de confiance en elles, mais sont pleines de ressources et ne se laissent jamais abattre par les épreuves.

Intelligente, juste, généreuse, Flora est l’ainée. Sans vraiment comprendre pourquoi son père la rejette sans que sa mère ne s’y oppose, elle sait depuis longtemps que ses parents privilégient sa sœur cadette, Aurélia, plus jolie et à la personnalité plus conforme au standard de l’époque. Au dur et à mesure des événements de sa vie, elle va souvent prendre de lourdes décisions, parfois douloureuses.

Les personnages secondaires qui les entourent toutes deux sont tout aussi fouillés et complexes. Orlando, Mouse et Rory font partie d’une famille très originale et atypique qui apporte beaucoup à Star. Émouvants, parfois extravagants, souvent drôles ou amusants, Archie, Mme Keppel, et tous les autres ont tous une personnalité propre, un rôle à jouer dans la vie de l’héroïne, une influence sur le futur de celle-ci, …

Le contexte dans lequel évoluent nos héroïnes est très bien exploité et intégré par l’auteur. Il y a un colossal travail de documentation sur le contexte social, politique, historique ou sur le monde de la littérature à l’époque Edwardienne.

Dans ce tome, on découvre aussi bien la complexité du marché des livres anciens, les difficultés des propriétaires terriens d’hier ou d’aujourd’hui pour sauvegarder leurs domaines, que la condition des femmes à la période Edwardienne. En effet, à l’époque, les femmes dépendent entièrement de leur mari vis-à-vis du monde extérieur et se soumettent souvent au poids des conventions sociales, quitte à le regretter en secret comme la mère de Flora qui abandonne sa fille à son sort après la révélation de ses véritables origines paternelles.

Le style riche, fluide et prenant de l’auteur nous embarque dans la vie de ses deux femmes de la première à la dernière ligne. On vit les émotions des personnages avec eux. Curieuse, on veut toujours en savoir plus sur ce qui va leur arriver.

Il n’y a jamais de temps mort dans le récit. Même dans les moments plus légers, plus drôles ou amusants, histoire de laisser souffler les personnages, l’intrigue avance.

Compte tenu de l’inévitable indépendance prise par Star, Cece se sent abandonné et nous fait de la peine tellement elle est désemparée par la situation. J’ai hâte de lire son histoire. Après le Brésil, la Norvège, et l’Angleterre, que va nous réserver l’histoire de Célaéno en Australie ? Un des deux seuls pays ou cette dernière n’a jamais voulu aller à cause de sa peur panique des araignées ….

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