Ados / Young Adult/Fantasy

La mémoire de Babel de Christelle Dabos

Christelle Dabos, La mémoire de Babel, La passe-miroir 3, Gallimard jeunesse

Française, Christelle Dabos écrit depuis la fac. Grâce à un défi, elle a gagné le Concours du premier roman jeunesse avec le premier tome Les fiancés de l’hiver. La mémoire de Babel est malheureusement l’avant-dernier tome de sa saga.

L’histoire :

Deux ans et sept mois qu’Ophélie se morfond sur son arche d’Anima.

Aujourd’hui, il lui faut agir, exploiter ce qu’elle a appris à la lecture du Livre de Farouk et les bribes d’information divulguées par Dieu.

Sous une fausse identité, Ophélie rejoint Babel, arche cosmopolite et joyau de modernité. Ses talents de liseuse suffiront-ils à déjouer les pièges d’adversaires toujours plus redoutables ? A-t-elle la moindre chance de retrouver la trace de Thorn ?

Mon avis :

Encore un coup de cœur ! Même si j’ai essayé de le savourer, je l’ai lu bien trop vite ! Il nous fait passer par toute la gamme des émotions.

L’action de ce tome se déroule 2 ans après les événements du précédent. Les doyennes ont renvoyé Ophélie sur Anima et la surveillent très étroitement. Recluse dans sa chambre, cette dernière a néanmoins continué à enquêter sur la disparition de Thorn. Ses multiples lectures la mènent à vouloir aller sur Babel, ce que va lui permettre la réapparition surprise d’Archibald.

Plongée dans un monde ou l’honnêteté, du moins en apparence, et la censure prime sur tout pour sauvegarder la paix au sein d’une population très cosmopolite, Ophélie va se métamorphoser et se trouver des ressources insoupçonnées. Privée de son écharpe, son doudou, et de son entourage habituel, elle intègre La Bonne Famille, un institut de formation. La vie y est dure et la compétition sans aucune pitié, mais c’est la seule solution pour découvrir l’ultime révélation cachée au cœur de Babel.

Elle s’affirme, découvre sa détermination, son courage. Elle devient une femme qui ne se laisse plus mener par les événements sans rien dire.

Le couple qu’elle forme avec Thorn est toujours aussi atypique. Ophélie est désemparée par sa conduite si distante. On se rend compte de ses doutes, de ses appréhensions. Pourtant, bien qu’il montre des tocs assez obsessionnels et semble encore plus froid et endurci suites aux épreuves subies au Pôle et lors de son intégration au Mémorial, il lui tend de subtiles et discrètes perches régulièrement dont elle ne se rend même pas compte.

Les autres personnages sont aussi très intéressants. Tous très différents bien que complémentaires, chacun d’eux permet de développer tôt ou tard un aspect de l’histoire, que ce soit une cruauté honnête si invisible parfois, les non-dits bien présents, …

Dans les nouveaux personnages qu’on découvre, le plus présent, et le plus intriguant aussi, est Victoire, la fille de Berenilde et Farouk. Elle ne marche pas, ne parle pas, mais a toute une vie intérieure et des pouvoirs encore bien mystérieux. Grâce à elle, nous avons des nouvelles des personnages que nous aimons et qui sont bien trop absents dans ce tome. Nous voyons à travers ses yeux à quel point Archibald a mûri par exemple, ou la métamorphose en mère aimante et ultra-protectrice de Berenilde.

J’adorerai retrouver dans la suite Octavio, Ambroise, Elisabeth… en plus des autres. Ils sont attachants et promettent de belles choses au fur et à mesure du récit. Un ennemi n’est pas forcément la personne à redouter le plus…

Dans son style fluide, soigné, et si prenant, l’auteur nous replonge immédiatement dans l’intrigue. Elle nous emporte et ne nous lâche pas une seule seconde du début à la fin. Thorn en Sir Henry a été une surprise totale par exemple.

Elle nous apprend ce qui est arrivé aux différents personnages, et répond petit à petit à certaines interrogations, tout en laissant plein de questions sans réponses et de mystères à découvrir.

La découverte du monde de Babel est surprenante. Elle permet aussi de se rendre compte de tout ce qu’on ignore encore sur l’ensemble de cet univers à la fois riche, vaste, complexe, et si cohérent dans les plus petits détails.

Il y a énormément de révélations sur les esprits de famille, le nombre et l’organisation des arches, assez semblables au fonds bien que si distinctes en apparence, mais aussi sur l’histoire et les motivations de ce fameux Dieu, sans compter tout le reste des indices distillés l’air de rien.

Je me demande comment elle va bien pouvoir clore la série de manière satisfaisante dans le dernier tome en répondant à toutes les questions vu la complexité du fil rouge sans dépasser les 1000 pages au lieu des 500 habituelles … La fin est si horrible et frustrante.

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