Bit lit/Fantasy

Sans Âme de Gail Carriger

Gail Carriger, Sans Âme, Le Protectorat de L’Ombrelle 1, Le livre de poche

Américaine, archéologue, Gail Carriger apprécie particulièrement de faire évoluer ses personnages dans l’époque victorienne. Elle est connue en France pour 2 séries steampunk se déroulant dans le même univers à 25 ans d’intervalle, Le Pensionnat de Mlle Géraldine et Le Protectorat de L’Ombrelle.

L’histoire : 

Miss Alexia Tarabotti doit composer avec quelques contraintes sociales.

Primo, elle n’a pas d’âme.

Deuxio, elle est toujours célibataire.

Tertio, elle vient de se faire grossièrement attaquer par un vampire qui, ne lui avait pas été présenté !

Que faire ? Rien de bien, apparemment, car Alexia tue accidentellement le vampire.

Lord Maccon, beau et compliqué, écossais et loup-garou, est envoyé par la reine Victoria pour enquêter sur l’affaire. Des vampires indésirables s’en mêlent, d’autres disparaissent, et tout le monde pense qu’Alexia est responsable. Mais que se trame-t-il réellement dans la bonne société londonienne ?

Mon avis :

J’adore cette saga. Elle est encore meilleure que le Pensionnat de Mlle Geraldine.

Alexia vit à Londres dans une société ou humains, loups-garous et vampires se côtoient au su de tous toutes les nuits, non sans quelques difficultés et dissensions.

Intelligente, indépendante, forte, elle est bien plus cultivée et libre qu’il n’est d’usage pour une femme de sa condition sociale. Vielle fille, elle a une politesse anglaise à toute épreuve. Pourtant, son manque de diplomatie et sa langue trop bien pendue, entre autres, repoussent les humains anglais que sa beauté italienne ne rebute pas.

De plus, sa condition paranaturelle de sans âme fait fuir les créatures surnaturelles. En effet, seuls les humains ayant un surplus d’âme peuvent devenir vampire ou loups-garous, mais comme elle les prive de leurs pouvoirs au plus petit contact de peau …

On s’identifie facilement à cette jeune femme, ce vilain petit canard, complexé notamment par la beauté de ses sœurs et l’incompréhension familiale qui l’entoure. Elle fait de son mieux pour s’intégrer, mais n’y réussit jamais vraiment.

Lorsqu’elle tue par inadvertance un vampire solitaire affamé, Lord Maccon, le chef du BUR, la police surnaturelle, vient enquêter sur l’affaire pour savoir d’où il vient et ce qu’il voulait faire. Bien sûr, elle va se mêler de l’enquête sur les disparitions le plus possible au mépris du danger.

Envers elle, il est à la fois tendre, très protecteur, bourru malgré son mauvais caractère et sa maladresse légendaire. Il va aussi prendre un malin plaisir à la faire sortir de ses gonds tout en respectant parfaitement les règles de sa fonction ou les bonnes manières en bon Comte de Wosley ou Alpha de la meute de Londres qu’il est également.

Comte tenu de leurs caractères respectifs et de leur humour sarcastique, voir cynique, leur relation est vraiment à mourir de rire. Elle voit la vie d’un point de vue purement scientifique et rationnel alors que lui est bien plus porté sur les sentiments. Elle le surprend sans cesse.

Lord Akeldama, un vampire solitaire attachant, est un personnage secondaire très important. Il aime profondément Alexia. Il la conseille et la protège de son mieux. Derrière une façade exubérante, il cache une intelligence acérée, une détermination hors du commun et des dons de manipulation incroyable.

L’auteur a créé une galerie de personnages absolument fantastiques et très bien construits. Chacun a son rôle et sa personnalité propre, tout en s’intégrant dans une trame de relations sociales et politiques extrêmement complexe. Ceux qui ont lu le Pensionnat de Mlle Géraldine en connaissent déjà une petite partie qu’on retrouve au fil du récit, mais ils ont grandi, mûri ou changé en 25 ans. On les redécouvre.

Cette série est davantage destinée aux adultes, même si les adolescents peuvent la lire. Le style que l’auteur a choisi pour ce récit, le langage ou les tournures qu’elle utilise pour coller à l’époque, peut dérouter un peu dans les premières pages, mais on s’y fait vite et on se laisse ensuite emporter par l’intrigue. Ses descriptions ont le don de nous immerger dans le récit. C’est léger, fluide, plein d’action et de rebondissements. Le mélange entre steampunk, entre les traditions et conventions victorienne et les avancées de l’ère industrielle, et bit-lit est bien dosé et très réussi.

Ce premier tome pose les bases d’un univers original, cohérent, et fignolé dans les moindres détails. L’intrigue, simple et addictive à la fois, un vrai puzzle à reconstituer, l’exploite parfaitement et l’enrichit. On ne s’ennuie jamais, car il se passe toujours quelque chose.

Compte tenu de la proposition de la Reine Victoria à la fin du tome, on se demande ce que l’auteur va réserver à Alexia dans le futur ?

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