Littérature

Les innocents : un huit clos haletant

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Francesca Segal, Les innocents, Pocket

Anglaise, diplômée d’Oxford et Harvard, Francesca Segal est critique littéraire et journaliste. Son premier roman, Les Innocents, a été couronné par le prix Costa du premier roman et a remporté le National Jewish Book Award 2012

L’histoire : Vivant une vie idéale au sein d’une communauté juive orthodoxe très fermée et extrêmement soudée, Adam Newman vient enfin de se fiancer avec Rachel, son amour de jeunesse depuis 12 ans, et se prépare à mener la même petite vie tranquille que ses parents une fois le mariage passé.

Ellie, la cousine de Rachel, est son parfait opposé. Bonde, elle fume, boit, enchaine les relations sentimentales, et mène sa vie à sa guise jusqu’à ce que les ennuis la ramènent chez sa grand-mère qui l’adore.

Adam, chargé de l’aider par sa famille, se prend à douter à son contact sur ses projets. Aurait- il pu mener une autre vie ? Avoir un autre métier ? D’autres relations ?

Mon avis : Bien qu’il ne se passe pas grand-chose dans ce roman, l’aspect psychologique le rend passionnant.

Rachel est parfaitement satisfaite de sa vie. Choyée par ses parents aisés, institutrice jusqu’à la naissance de son premier enfant, elle sait qu’Adam fera un bon mari qui prendra soin de sa famille et du cabinet d’avocats de son beau-père le moment venu.

Contrairement à elle, Adam, bien que respectueux des traditions et attaché à ses proches, ne serait pas contre habiter une rue plus loin, voyager ailleurs, rencontrer d’autres personnes, découvrir de nouvelles choses… Il se sent un peu à l’étroit dans cette vie ou il connaît déjà le déroulement de chaque fête ou voyage en famille, le nom des invités et les conversations qu’ils auront et ou il n’existe pas le moindre secret.

Bien qu’amoureux de Rachel, il se sent coupable de ressentir des sentiments envers Ellie, qui le déstabilise et lui fait remettre en question ses choix et leur raison. Il voit la fragilité derrière la carapace.

Va-t-il rester avec sa famille ou fuir ? Va-t-il subir ou choisir sa vie ?

La psychologie des personnages est extrêmement travaillée, complexe. On s’attache très vite à eux. Ils peuvent être à la fois protecteurs, tendres, aimants mais aussi féroces et impitoyables. On ressent la moindre de leurs émotions, leurs sentiments, le poids des traditions et celui du regard des autres.

L’auteur nous plonge vraiment dans leur vie. C’est simple, fluide, sans temps mort.

Elle décrit également de manière très crédible, détaillée, subtile et complète l’univers des juifs orthodoxes. Elle ajoute même des termes hébreux et yiddish dans les dialogues, expliqués dans un glossaire, pour une meilleure véracité.

Elle nous montre les avantages et les inconvénients de cette vie en communauté, de cette cage dorée dont s’échappera peut-être le héros ?

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