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La sirène : une belle revisite du mythe

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Kiera Cass, La Sirène, Robert Laffont, Collection R

Américaine, Kiera Cass est diplômé en histoire à l’Université Radford. En France, elle s’est fait connaitre avec sa série dystopique La Sélection (cf. chroniques sur le blog). Elle revient aujourd’hui en librairie avec un de ses précédents ouvrages refusé à l’époque, La Sirène.

L’histoire : Issue d’un milieu aisé, Kahlen est devenue à la fois orpheline et Sirène il y a de cela 80 env. Elle utilise le pouvoir fatal de sa voix sur les humains pour nourrir son maître l’Océan en compagnie de ses sœurs. Dans 20 ans, sa mémoire sera complétement effacée, elle sera libre et pourra rencontrer un gentil garçon avec qui fonder une famille, son rêve.

Un jour, elle rencontre Akinli, son incarnation du prince charmant qui sait voir au-delà de la jeune fille muette habillée à la mode des années 50. Bien qu’elle prenne la fuite avec ses sœurs pour échapper au danger que représente cette relation, elle reste obsédée par ce dernier et prends le risque de le revoir une dernière journée, à moins que le destin ne s’en mêle …

Mon avis : J’ai beaucoup apprécié l’univers très détaillé et la mythologie que met en place petit à petit l’auteur ainsi que sa manière de traiter le handicap de la voix en public des sirènes, vu qu’elles doivent mener une vie normale au sein des humains en dehors des naufrages. C’est original, crédible, cohérent …

Le style de l’auteur est agréable, fluide, suffisamment imagé pour qu’on ait l’impression de voir les événements se dérouler. L’intrigue est prenante, on est curieux de savoir ce que l’auteur nous réserve et la manière dont cela va se passer.

Kahlen vit à la fois beaucoup dans le passé, dans le souvenir de sa famille, mais aussi dans l’espoir de fonder un foyer. Un peu naïve, prudente, très attachée à son entourage, bien qu’elle déteste le fardeau de son rôle de sirène, elle a un coté petite fille modèle et oublie de profiter du moment présent, du monde qui l’entoure, de la compagnie de ses sœurs, …  Seule sa rencontre avec Akinli va la faire évoluer, murir, accepter sa vie d’une certaine manière et l’amener à se battre de toutes ses forces pour le protéger.

Les personnages secondaires sont très agréables, très attachants et ont chacun un rôle défini dans l’intrigue. Akinli est adorable, solaire, tendre, aimant, compréhensif et forme un beau couple avec elle qu’on ne voit que trop peu dans le récit. Déterminées, fortes, les autres sirènes ont chacune leurs caractères, leurs personnalités, et sont bien plus réceptives aux adaptations permanentes au quotidien qu’elles doivent subir pour garder leur secret intact. L’Océan n’est pas une entité un peu vague et mystérieuse, mais un vrai personnage plutôt protecteur, possessif, jaloux, qui a un indubitable côté mère poule qui a peur que ses enfants lui échappent et agit en conséquence.

Si la romance est présente, l’auteur se consacre surtout à nous faire ressentir les relations entre les personnages, les sentiments qui les animent, qu’on ressent bien à la lecture. Les personnages forment une vraie famille, ils ont un passé, différent pour chacun, qui a souvent laissé des traces à surmonter, un présent plus ou moins facile à assumer et un futur délicat ou ils doivent reconstruire à chaque libération une dynamique vu qu’une sirène qui finit ses 100 ans n’a plus aucune relation avec les autres, c’est donc comme un deuil. Ils ont des secrets les uns envers les autres, mais se montrent solidaires face à une difficulté, une baisse de moral, …

La fin est logique, certes, mais l’auteur a su nous réserver une belle petite surprise.

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