Romance contemporaine

La belle italienne : un amour absolu, destructeur mais …

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Lucinda Riley, La belle Italienne, Editions Charleston 

Irlandaise, traduite en 28 langues, publiée dans 38 pays, Lucinda Riley s’est fait connaitre en France en publiant les premiers tomes de sa saga Les sept sœurs, ou chacune d’elle portent les noms issus de la légende de la constellation des Pléiades. Elle réédite également dans une version retravaillée ses premiers romans tels La Belle Italienne, aux Editions Charleston.

L’histoire : Rosanna n’a que 10 ans lorsqu’elle rencontre Roberto, un ténor fils d’ami de ses parents mais aussi l’homme qui va changer sa vie en suggérant à ses parents de lui faire donner des cours de chant après avoir entendu sa voix. Ces derniers n’en voyant pas l’intérêt, son frère le fera en cachette. Aidée ensuite par son professeur, elle obtiendra une bourse pour étudier à Milan et devient une prodigieuse soprano.

Adulte, elle se remémore avec nostalgie son béguin d’enfance pour cet homme qu’elle s’était juré d’épouser ce soir-là mais dont elle connait à présent la réputation de Don Juan très largement méritée et l’attitude inqualifiable envers ses conquêtes. Pourtant, petit à petit, ils se rapprochent et tombent amoureux à la folie, oubliant tout et tous sur leur passage des ruelles de Naples aux plus prestigieuses salles d’opéra avant que le passé ne se rappelle parfois à eux ou que ça n’aille trop loin.

Mon avis : 3ème livre de l’auteur, 3ème histoire d’amour malheureuse, 3ème histoire dévorée de la première à la dernière lettre, magnifique et tragique à la fois, qui nous fait ressentir le grand huit des sentiments.

Dés le départ, motivée par on ne sait quel événement mystérieux, nous savons que Rosanna raconte à son fils, et donc à nous par la même occasion, son histoire d’amour avec Roberto sans rien cacher, ni les bon moments, ni les épreuves ou les souffrances destructrices qu’ils se sont infligées.

L’auteur nous fait découvrir ainsi au fur et à mesure du récit dans les moindres détails le monde des chanteurs d’opéra. On y voit les années de formations intenses et difficiles, la concurrence impitoyable qu’il peut y avoir entre les chanteurs ou les opéras du monde entier, les amitiés qui se délitent, les rivalités qui s’accentuent, le poids de la célébrité, leur mélange de force et fragilité …

Si Rosanna a grandi en étant délaissée par ses parents, mais adorée et protégée par son frère, elle a toujours eu la chance d’être entourée par les siens, qu’ils soient de sang ou de cœur, pour la soutenir dans les épreuves. Travailleuse acharnée, déterminée, ambitieuse, loyale, aimante, ne se laissant jamais abattre, j’ai adorée la voir grandir, évoluer, prendre des décisions sur son futur, murir, aimer, devenir une mère dévouée et très protectrice … On vit sa vie, on se réjouit avec elle, mais on pleure aussi à ses côtés lorsque Roberto la fait souffrir. Leur amour est profond, absolu, total et la coupe de ses amis, de sa famille, d’elle-même jusqu’au point de rupture inacceptable.

Si ce dernier apparait d’abord comme une diva, un homme égoïste, vaniteux, infidèle, orgueilleux à l’extrême, manipulateur et le reste d’une certaine façon vu qu’il prends les décisions pour leur couple sans vraiment la consulter par exemple, on ressent aussi l’immensité de sa passion pour Rosanna, ses efforts pour se battre contre sa tendance à l’infidélité, la protéger de ses frasques passées ou présentes pour ne pas la perdre, puis ses remords indéniables et son amour pour son fils.

Le style de l’auteur est si fluide, prenant, haletant, addictif, surprenant, que je n’arrive jamais à lâcher ses récits à moins d’y être forcée par le travail ou les yeux qui se ferment tous seuls.

Tous les personnages sont fantastiques, attachants, émouvants, complexes, crédibles, fouillés. Les personnages secondaires ont tous une personnalité, des caractères, des motivations qui leur sont propres et des histoires qui les concernent bien construites et intégrées au récit.

Je n’ai pas encore lu une autre réédition, La jeune fille sur la falaise, mais je compte bien y remédier.

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