Thriller/Thriller Contemporain

L’ombre de Gray Mountain : Une citadine en plein pays minier.

l'ombre de gray mountain

John Grisham, L’ombre de Gray Mountain, Le livre de poche

Américain, marié, 2 enfants, ancien avocat, John Grisham a publié en 1989 son premier roman, Non coupable, avant de connaitre le succès avec La Firme en 1991. S’il a écrit des récits sur le sud rural et des livres jeunesse (Théodore Boone), il est surtout connu pour ses policiers, ses romans judiciaires (L’Affaire Pélican, Le Maître du jeu, …) qui en ont fait l’un des auteurs le plus lu dans le monde et ont souvent été adaptés au cinéma. Il y dévoile les rouages de la justice et les problèmes de fonds de la société américaine.

L’histoire : En 2008, quand la récession frappe, les jeunes avocats sont renvoyés par milliers. Parmi eux, Samantha Kofer. Mais dans son malheur, elle a de la chance. Sa société lui conserve son assurance médicale si elle fait du bénévolat pendant 1 an et la met prioritaire pour les réembauches.

Résultat, au lieu de gérer des dossiers immobiliers de millions de dollars à Manhattan, elle travaille dans un centre d’aide juridique à Brady, au fin fonds de la Virginie, en plein pays minier. Elle y rédige des contestations de facture, des demandes de divorces et de pensions pour maladie professionnelles des mineurs. Pour la première fois de sa vie, elle prépare un procès, plaide devant le juge, apprend tous les vilains secrets d’une petite ville et se fait des ennemis parmi les exploitants miniers prêts à tout pour faire des profits monstrueux au dépends de la population et de la nature.

Mon avis : Comme tous les livres de l’auteur que j’ai lu, j’ai dévoré ce roman.

C’est à la fois un polar passionnant avec des personnages attachants et une découverte très intéressante et bien documentée de l’exploitation minière sans concessions.

Samantha est attachante, émouvante, sensible, compatissante, forte. En se rendant compte brusquement qu’elle est insatisfaite de sa vie professionnelle, elle profite de son renvoi pour faire le point, réfléchir à ce qu’elle veut.

L’auteur nous fait découvrir en même temps qu’elle, à son rythme, la vie d’une petite ville ou tout le monde se connait, les mystères de l’exploitation minière, ses ravages sur la faune et la flore, les problèmes de santé des mineurs, la complexité des relations familiales et ses conséquences juridiques …

Grâce à son écriture fluide, on apprend plein de choses sans que ce soit pesant, rébarbatif. Il y a de l’action, des rebondissements en permanence, des retournements de situations, des situations tragiques et des moments joyeux.

Les personnages secondaires sont complexes, intéressants et ont chacun un rôle dans l’histoire et dans l’évolution de Samantha.

Mattie, une maman poule forte et adorable, et Annette, plus distante et détachée en surface, de caractère complètement différentes l’une de l’autre, montrent chacune à leur manière la difficulté des centres qui vivent des subventions pour aider des gens dépourvus de tous moyens à faire respecter leurs droits, tout simplement et le rôle d’assistante sociale qu’elles ont parfois.

Donovan, qui se consacre à l’attaque des compagnies minières détruisant les paysages de Virginie et niant leurs obligations d’employeurs en toute impunité compte tenu de leurs moyens financiers, démontre toute la complexité du système et l’ambigüité de la population. Il a des convictions, des principes qui le mettent en danger mais se battra quand même jusqu’au bout.

A la dernière page, j’ai refermé le livre à regret car j’aurai vraiment adoré en savoir plus sur le destin des clients de Samantha auxquels je m’étais attaché.

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