Thriller/Thriller Contemporain

Les corps de verre : la nouvelle trilogie prometteuse du duo danois Erik Axl Sund

les corps de verre

Erik Axl Sund, Les corps de verre, Mélancolie noire 1, Actes Sud

Erik Axl Sund est le nom de plume du duo suédois Jerker Eriksson et Håkan Axlander Sundquist. Après l’indéniable succès de la trilogie Les Visages de Victoria Bergman (cf. chroniques précédentes), Actes Sud commence la publication française de sa nouvelle série Mélancolie Noire avec Les corps de verre.

L’histoire : Dans toute la Suède, des adolescents se suicident. Quand les enquêtes se retrouvent sur le bureau de Jens Hurtig, celui-ci s’aperçoit d’un point commun à toutes ces affaires. Les morts écoutaient tous une cassette audio du musicien Hunger dont la durée correspond à leur date d’anniversaire. Il se lance alors à sa poursuite.

Son équipe doit aussi faire face à une série de meurtres assez violents qu’ils ont du mal à élucider. Ont-ils toutes les infos ? Se rendront-ils compte que les affaires sont peut-être liées ?

Mon avis : Parfaitement à la hauteur de sa trilogie précédente et se déroulant dans le même univers, l’auteur aborde ici le mal-être des adolescents qui ne trouvent pas de sens à leur vie.

Ces derniers sont en général des personnages torturés, très sombres, en rébellion contre les parents ou l’autorité. Ils trouvent refuge dans une musique underground type heavy métal sombre, envoutante qui les enfonce plus qu’elle ne les soulage. Ils se droguent, se mutilent …

L’auteur nous montre aussi le désarroi des adultes autour d’eux. Les parents sont partagés entre la gestion d’une simple crise d’adolescence  à leurs yeux et la recherche d’une solution pour dissimuler et nier le problème. D’autres travaillent dans des centres ont les ateliers ont pour but de les sortir de leur isolement et de les intéresser à quelque chose (sport, reliure, théâtre) pour enfin communiquer avec eux.

Jens Hurtig, ancien personnage secondaire dans l’ombre de Jeanette, prend une toute nouvelle dimension. Devenu inspecteur principal à la suite du burn-out de sa collègue, on pénètre davantage dans sa psyché et les conséquences du suicide de sa sœur sur sa vie actuelle. On le voit essayer de garder la tête hors de l’eau face aux événements car il entrevoit des liens qui échappent aux autres.

Les autres personnages sont tous très intéressants à leur façon. Entre la psychologue asexuelle mais enceinte qui a vécu l’enfer, les parents trop occupés à sauver le monde pour voir le reste, les autres qui ont abandonné tout espoir et des adultes qui ne savent que trop bien ce qu’ils traversent car ils le vivent encore …

L’alternance de point de vue est mise en valeur par la narration découpée en courts chapitres. Les flashbacks éclairent certains points assez obscurs. On ne se perd pas dans l’action car on se concentre au fil du récit sur certains personnages.

L’intrigue est bien menée, complexe, cohérente. On a du mal à reconstituer le puzzle avant la fin. Les auteurs nous embarquent une fois de plus dans leur univers sombre, légèrement glauque et violent aux personnages borderlines. C’est rythmé, sans temps morts.

La fin est surprenante. Je me demande vraiment comment vont rebondir les auteurs.

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