Sexy/Thriller/Thriller Contemporain

Maestra : un buzz amplement justifié

maestra

L. S. Hilton, Maestra, Robert Laffont, La Bête Noire

Anglaise, Lisa Hilton a aussi vécu aux USA, en France et en Italie ou elle a étudié l’histoire de l’art. Journaliste, critique d’art et présentatrice, elle commence avec Maestra une trilogie déroutante chez Robert Laffont.

L’histoire : Judith partage son temps entre son travail d’assistante sous-payé dans un prestigieux hôtel de ventes aux enchères, où elle espère gagner les échelons grâce à un travail acharné, et un bar miteux, où elle utilise ses charmes pour améliorer l’ordinaire grâce aux commissions sur la vente d’alcool.

Son renvoi lors de la découverte d’une escroquerie sur la valeur d’un tableau et la mort brutale d’un riche client du bar la fait fuir à travers l’Europe.

Abandonnant toute morale, elle se montre alors prête à tout pour manipuler les riches hommes d’affaires sur son chemin, se protéger de la police, subvenir à ses besoins et trouver de nouvelles opportunités dans le monde de l’art.

Mon avis : Génial, j’étais totalement incapable de lâcher ma lecture avant la fin.

Judith n’est pas une héroïne comme les autres. On ne s’identifie pas à elle. Passionnée par son métiers, si elle parait gentille, serviable, corvéable à merci par son patron, et très intelligente, elle est aussi une très bonne comédienne, dangereuse, égoïste, immorale, manipulatrice, calculatrice, et se sert de sa sexualité maitrisée et débordante sans tabous ni sentiments comme d’une arme à l’occasion.

On comprend qu’elle est prête à tout pour laisser son enfance misérable derrière elle. Elle n’a pas forcément envie de faire le nécessaire à ses yeux, mais le fait quand même. Elle peut apprécier quelqu’un tout en se servant de lui sans scrupules et ne se laissera pas étouffer ensuite par les regrets ou les remords trop longtemps.

L’auteur réussit pourtant le tour de force de nous la faire apprécier en développant l’aspect psychologique du roman. On plonge dans les pensées de Judith, dans ses sentiments. De temps en temps, un événement ou un rebondissement nous fait changer complètement notre vision rétroactive du récit ou du comportement de Judith, en bien ou en mal. On suit sa métamorphose de jeune fille pauvre et un chouia naïve en femme fatale puissante, riche et déterminée qui assume ses choix.

Les autres personnages du roman ne sont pas négligés mais ils servent surtout de faire valoir ou d’outils pour l’intrigue. C’est son livre, son histoire.

L’intrigue est bien faite, bien menée, complexe, riche, surprenante, sans temps mort. L’auteur se sert de clichés comme ceux sur la petite-amie nunuche et vénale et le crédule homme d’affaire dans le récit pour justifier certains rebondissements parfois trop rapides.

La découverte du monde de l’art, très intéressante et instructive, l’érotisme et le polar se relaient pour faire avancer l’histoire et la vengeance de Judith. Le style est fluide, simple, prenant, visuel, parfois cru mais sans aller trop loin.

S’il n’est pas à mettre dans toutes les mains, les amateurs seront impatients de connaitre la suite.

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